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Ecoutez la Catinou - Catinou al telefono

Chère auditrice, cher auditeur,

Vous pouvez écouter la voix de Catinou et suivre le texte de Charles Mouly en même temps. Vous pouvez aussi accéder à la traduction du texte, juste en dessous. Dans ce sketch, extrait d’un 33 tours vinyle édité par DiscÒc, production cap e cap éditions occitanes 82700 FINHAN, vous allez entendre la Catinou originelle, Gaston Dominique. Il est à noter que ce sketch figure en version plus complète dans le supplément N°1 de la Dépêche du Midi : « La vie trépidante de Catinou et Jacouti ».

Enfin, vous pouvez récupérer le fichier sonore MP3 en cliquant ICI (si le téléchargement ne fonctionne pas, faire un clic droit sur le même lien puis "enregistrer la cible du lien sous...").
Bonne écoute !

Enregistrement audio de la Catinou.

 

 

CATINOU AU TÉLÉPHONE.

 

 

(La scène se passe à la Poste centrale à Toulouse. Grosse affluence. Survient Catinou, l'allure décidée).

CATINOU.- Adissiatz à toutis !... Bietaze ! Que de mounde ! Boudiou ! Dibon bendre quicom de bou dins aquel recantou... Et ount es aquel utis ? C'est la première fois que je vais me serbir du taléphone... Disez monsieur, où il se trouve le taléphone ?

UN MONSIEUR. - Adressez-vous au guichet, Mademoiselle.

CATINOU.- Digatz moussu le P.T.T., c'est pour parler à ma neboude Séraphine de Frettemounil... que le Ja­couti, son tonton, il est bien malade le pauvrot...

L'EMPLOYE. - Votre nièce a le téléphone ?

CATINOU. - oh nani, elle a pas le télé­phone !

L'EMPLOYE. - Alors avis d'appel... pres­sons !

CATINOU. - Que me cal far ?

L'EMPLOYE. - Avis d'appel : écrivez sur cette formule.

CATINOU.- Mès soui pas bengudo per i escrioure, soui bengudo per i parlar... que il y a urgence : le Jacouti le pauvrot il est au lit, il a la fièbre.

L'EMPLOYE (agacé). - Oh, là ! là ! Nous n'en sortirons pas !... Donnez-moi le nom et l'adresse de votre fille, tenez !

CATINOU.- Séraphine, à Frèttemounil...

L'EMPLOYE. - Bon, je demande la communication, allons ; mettez-vous à la queue.

CATINOU. - Et il n'y en a pour longtemps, Monsieur le P.T.T. ?

L'EMPLOYE. - Je ne sais pas, moi... Vous voulez vous mettre à la queue, oui ? Il y a des gens qui attendent, là !

CATINOU. - Eh ! Aco m'abanso pas !

L'EMPLOYE. - Qu’est-ce que vous avez à dire ?

CATINOU. - Je dis rien... Alabes me cal fa la coueto, aro !...

PHRASIE. - Adiou, Catinou ! Benes telephounar ?... Coussi ba le Jacouti ?

CATINOU. - Ne m'en parle pas, pauvrote... Justoment beni telephounar à la Séraphino... PHRASIE. - Et de que i a de coupat ? Un accident ?

CATINOU.- Nani. Quicom d'encaro plus tarrible s'es poussiple ! I malaut le paurot, fa

beni la pietat ! Lou cresi pla foutut !... Es per aco que beni telephounar à la pichouno...

PHRASIE. - De que a attrapat ?

CATINOU. - Figure-toi que la semano passado, al mercat, i abio de sardos. Ne manjèrem touto la semano à cado repais. Le Jacouti las aimo... il les aime les sardes mon Jacouti ! Iou i disioi be : « Elles te feront mal ces sar­des »... Mès aco's uno passioun, presque autant que le bi. Alabes, dilus passat, n'i abio un grand platat, e las acabèt... Dins la neit, à dos ouros del mati, sentissi le Jacouti que remena­bo. Le lieit èro pas prou bel, et dus cops manquet me fa toumbar sur la descento de lieit...

PHRASIE (logique). - I abio quicom qu'a­nabo pas...

CATINOU (tragique). - Oh eh pardi ! La malautio que coumensabo. Le Jacouti me dis : « Oh, Catinou, me senti pas pla ». I respoundi : « Aco sera pas res, ane... C'est l'indigestion qu'elle veut pas se faire... I penses pas ».

PHRASIE (commençant une autre histoire). - Iou un cop aco me faguèt la memo causo...
CATINOU (lui coupant le fil). - Alabes, après un moument sa me dis : « Catinou soui
malaut ; me cal... enfin... passo-me le d'acos ». « Tu veux Jules ? » i demandi. « Nani ! me respound, me caldra uno semal ! »

PHRASIE (joignant les mains). - Jésus Moun Diou Nostre Segne !

CATINOU. - Tout de suito me disi : aqueste cop i serious. Le Jacouti il repapie. Il y a une

catastrophe en perspective !... Me lèbi, serqui le boutoun de la letrecitat : pas de lum !...

« Boulego-te ! » bramo le Jacouti en arpate­jant. Me lansi, pauroto,  je trabuque à la taule, le rebelh toumbo per tèrro, roudolo joust le lieit et se met à sounar. Boli attrapar las allumettos, le ferrat ple d'aygo se berso, le boli rattrapar, tiri sur la clau del pouèlo, les tuèus s'escrulon pertout...

PHRASIE (terrifiée). - Jésus Moun Diou Nostre Segne !

CATINOU. - Oh, ne m’en parle pas ! Eri negro de sejo, trempo coumo uno soupo, et abio les peds dins l’aygo...

PHRASIE (inquiète). - Et les bezis ?

CATINOU. - M'en foutio pas mal des bezis !... Mès tout aco abio fait tant de sagan que la bezino del dejoust... elle a cru que c'était un vonvardement, pauvrote !...

 

TRADUCTION :

 

CATINOU.- Bonjour tout le monde !... Peu chère ! Que de monde ! Boudiou ! On doit vendre quelque chose de bon, dans ce coin... Et où est cet outil ? C'est la première fois que je vais me servir du téléphone... Dites monsieur, où il se trouve le téléphone ?

UN MONSIEUR. - Adressez-vous au guichet, Mademoiselle.

CATINOU.- Dites, monsieur le P.T.T., c'est pour parler à ma nièce Séraphine de Frettemounil... que le Ja­couti, son tonton, il est bien malade le pauvre...

L'EMPLOYE. - Votre nièce a le téléphone ?

CATINOU. - oh non, elle n’a pas le téléphone !

L'EMPLOYE. - Alors avis d'appel... pressons !

CATINOU. - Qu’est-ce qu’il faut que je fasse ?

L'EMPLOYE. - Avis d'appel : écrivez sur cette formule.

CATINOU.- Mais je ne suis pas venue pour lui écrire, je suis venue pour lui parler... que il y a urgence : le Jacou, le pauvre, il est au lit, il a la fièvre.

L'EMPLOYE (agacé). - Oh, là ! là ! Nous n'en sortirons pas !... Donnez-moi le nom et l'adresse de votre fille, tenez !

CATINOU.- Séraphine, à Frèttemounil...

L'EMPLOYE. - Bon, je demande la communication, allons ; mettez-vous à la queue !

CATINOU. - Et il n'y en a pour longtemps, Monsieur le P.T.T. ?

L'EMPLOYE. - Je ne sais pas, moi... Vous voulez vous mettre à la queue, oui ? Il y a des gens qui attendent, là !

CATINOU. - Eh ! Ça ne m’avance pas !

L'EMPLOYE. - Qu’est-ce que vous avez à dire ?

CATINOU. - Je dis rien... Alors il faut que je fasse la queue, maintenant !...

PHRASIE. - Adieu, Catinou ! Tu viens téléphoner ?... Comment va le Jacouti ?

CATINOU. - Ne m'en parle pas, pauvrote... Justement, je viens téléphoner à Séraphine... PHRASIE. - Et qu’est-ce qu’il y a de coupé ? Un accident ?

CATINOU.- Non. Quelque chose d’encore plus terrible, si c’est possible ! Il est malade, le pauvre, il fait pitié ! Je le crois fichu pour de bon !... C’est pour ça que je viens téléphoner à la petite...

PHRASIE. - Qu’est-ce qu’il a attrapé ?

CATINOU. - Figure-toi que la semaine dernière, au marché, il y avait des sardines. Nous en avons mangé toute la semaine à chaque repas. Le Jacouti, il les aime... il les aime les sardines mon Jacouti ! Moi je lui disais bien : « Elles te feront mal ces sardines »... Mais c’est une passion, presque autant que le vin. Alors, lundi dernier, il y en avait un gros plat, et il les a terminées... Dans la nuit, à deux heures du matin, je sens le Jacouti qui remuait. Le lit n’était pas assez grand, et deux fois il a failli me faire tomber sur la descente de lit...

PHRASIE (logique). - Il y avait quelque chose qui n’allait pas.

CATINOU (tragique). - Oh eh pardi ! La maladie qui commençait. Le Jacouti me dit : « Oh, Catinou, je ne me sens pas bien ». Je lui réponds : « Ça ne sera rien, va... C'est l'indigestion qu'elle veut pas se faire... N’y pense pas ! ».

PHRASIE (commençant une autre histoire). - Moi, une fois, ça m’a fait la même chose...
CATINOU (lui coupant le fil). - Alors, après un moment, il me dit : « Catinou, je suis malade ; il me faut... enfin... passe-moi le truc ». « Tu veux Jules ? » je lui demande. « Non ! me répond-il, il me faudra une comporte ! »

PHRASIE (joignant les mains). - Jésus Mon Dieu Notre Seigneur !

CATINOU. - Tout de suite je me dis : cette fois-ci, c’est sérieux. Le Jacouti radote. Il y a une catastrophe en perspective !... Je me lève, je cherche le bouton électrique : pas de lumière !...

« Dépêche-toi ! » crie Jacouti en gigotant. Je me lance, pauvre petite,  je trébuche à la table, le réveil tombe par terre, roule sous le lit et se met à sonner. Je veux attraper les allumettes, le seau plein d’eau se renverse, je veux le rattraper, je tire sur la clé du poêle, les tuyaux s’écroulent partout...

PHRASIE (terrifiée). - Jésus Mon Dieu Notre Seigneur !

CATINOU. - Oh, ne m’en parle pas ! J’étais noire de suie, trempe comme une soupe, et j’avais les pieds dans l’eau...

PHRASIE (inquiète). - Et les voisins ?

CATINOU. - Je m’en fichais pas mal des voisins !... Mais tout ça, ça avait fait tant de bazar  que la voisine du dessous... elle a cru que c'était un bombardement, pauvre petite !...

 

 


Date de création : 20/05/2014 @ 17:24
Dernière modification : 20/05/2014 @ 17:24
Catégorie : Ecoutez la Catinou
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