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Ecoutez la Catinou - De qu'anam mettre dins la padeno?

Chère auditrice, cher auditeur,

Vous pouvez écouter la voix de Catinou et suivre le texte de Charles Mouly en même temps. Vous pouvez aussi accéder à la traduction du texte, juste en dessous. Pour ce monologue, c’est Georges-Vaur (Piroulet) qui prête sa voix à sa marraine Catinou.


Enfin, vous pouvez récupérer le fichier sonore MP3 en cliquant ICI (si le téléchargement ne fonctionne pas, faire un clic droit sur le même lien puis "enregistrer la cible du lien sous...").
Bonne écoute !



Enregistrement audio de la Catinou.

DE QU’ANAM METTRE DINS LA PADENO ?

 

En vejent passar aquelos mourfinotos que nous arribon de la vilo, platos coumo de sardos de barricot, ambe de paterlos coumo d'alphabets, de poumpils d'agassos e de poupos coumo dous ious sul plat, lous Minjocelbols se demandon qu'es aquelo modo, e se sentisson matrassats per aquel espectacle, pus triste que la Passioun de Nostre Senhe.

Cal dire qu'a Miniocebos las femnos soun encaro pla rembourados als endrets que cal. E lous omes las aimon atal. Serion pla en peno se lour calio cercar lour moulièr dins lous linsols amb un rastèl. E aurion trop de poù de se far de macadu­ros en toumbant. sus un mount d'osses regan­huts coumo un punhat de clabèls. Alabes se pen­son que cal aber perdut lou carabirol per s'agra­dar d'estre atal magres coumo de croustets.

E be, iou ai coumpres dempèi que m'an explicat coussi se fa la cuisino dins las vilos : es pas uno modo, es que lou mounde sabon pas mai de que manjar. Parfaitement, pauvre monde !

Figuratz-bous qu'abèm un parel de Parisiens que soun venguts aqueste estieu faire de camping. De mounde pla brabes e pla ounestes, aquo rai.

Atal, un matin qu'èron venguts se ravitalhar en salado, me troubèron qu'èri en trèn de far coire quatre ious a la padeno sus un tros de carsalado.

« Que préparez-vous là ? me demando la pouli­do damo en rufiguent lou nas. Des œufs au lard?

- Coumo vesetz, ma perloto... Cado matin ambe lou Jacouti abèm coustumo de coupar la crousto...

- Et vous mangez souvent des œufs frits au lard ?

- Tant val dire cado joun... e nous fan pas fais d'estoumac ! Abèm de poulos pla valentos que nous fan d'ioùs pla bouns. Aquo nous estalbio d'anar pourtar nostro mounedo al bouchèr ou a l'espicièr.

- Mais vous n'y pensez pas ! s'exclamo la poulido damo, coumo se s'attrapabo un cop de paniquo. Les œufs donnent du cholestérol, ils fatiguent le foie. Quant au lard frit, vous ne trouveriez pas mieux si vous vouliez vous empoisonner !

- Bietaze ! Pas poussiple ?... Cresetz tout de boun que risquam de nous empouisounar

ambe de carsalado ?...Belèu valdrio mil­hour far coire lous ious ambe d’oli ?

- Gardez-vous de faire ça ! L'huile cuite devient toxique, il n'y a rien de plus dangereux.

- Boudiou ! M'en countats uno aqui qu'es un pauc reto... Mès coussi se fa ?...

- Tout ça c'est de la diététique, ma brave dame...

- Coussi appelatz aquo ?

- C'est de l'hygiène alimentaire... Pour manger sainement, quoi.

- Jésus Moun Diou ! Que van inventar lou moun­de ! »

E sus aquo, la poulido damo se lanço dins uno patroucado que risqui pas de me soubenir de la mitat de ço que m'expliquèt.

Ço qu'es sigur es qu'aquo's pla estounant que siosquem pas toutis empouisounats e que i aje encaro tant de mounde en vido sus aquesto tèrro.

Boudiou paurots ! Dins qu'un mounde vivèm ! Pares que lous bedèls soun nouirits ambe de chemiquo e que an la carn farcido d'uno saloupa­rio qu'appélon las « hormones ». Lous poulets, lous lapins, lous piots aquo's tout parèlh.

Las patanos soun arousados ambe d'arseniato per tuar lous dorifôros, uno pudicino que se ne tastabetz un soul pessuc attrapariatz la grosso couliquo negro.

Las salados soun sulfatados ambe de D.d.t. e se bous prenio l'idèio de faire un boulhoun ambe de porres risquatz pla que siosque un boulhoun de ounze ouros.

Las fruchos, ne parlem pas ! Soun acatados de pesticidos que res que d'ensajar de las tchucar, vèspos, mouscos e cuquos toumbon retos en estirant lous garrous.

Cal tout pelar e se mainar de plan se lavar las mans aprèp aber palpejat las pelalhos.

Lou quite pan pares qu'es fait ambe de farino qu'es malaisido de digelir.

Lou burre, coumo tout ço qu'es gras, bous dison que i a res de pus machant per bous engargassar lous counduts. E que sabi encaro !...

Alabes que nous demoro que se posque manjar sans dangèr ? On peut pas vivre de courants d'air, tout de même ! Sans coumptar que l'aire tanben es empudicinat.

Alabes, bous demandi un pauc: de qu'anam met­tre dins la padeno ?

Coumo nous diguèt lou Julou en se trufant : Vous pouvez toujours vivre d'amour et d'eau fraî­che !...

Aquel ase ! S'es oublidat qu'a nostre age l'amour aquo dato de las vièlhos lunos. E per l'aigo aquo's un autre affar : ount se pourio encaro troubar d'aigo cando ?

L'autre joun, lou Jacouti arribèt en brandiguent lou journal. A la prumièro pajo se poudio lejir : L'eau  tue chaque année 23.000 personnes.

« L'ai toujoun dit que i a res de pus machant que l'aigo per la santat! s'exclamo aquel arganhol, tout rejouit de se troubar uno brabo rasoun per sulfatar encaro un pauc mai.

- Alabes, mon perlou, de qu'anam debenir ? i demandi.

- Te tracasses pas, ma perlèto ço me res­pound. Abèm a la cavo uno crano barriquo de picopoul de la nostro vinho, qu'aquo's l'aigo del cèl e lou soulelh del Boun Diou que l'an fait... Nous anam estujar un brabe cop de bi... Aquo nous dounara d'alen per dansar dabans lou buffet ! »

Sus aquelo, sans tremblar, s'attrapo un sal­cissot, s'en coupo un brabe tros e se lou passo per las maissèlos amb uno brabo esquijado de tisano de gabèl.

E me creiretz se bouletz : abio pas de tout la mino de qualqu'un que se va empouisounar !

 

(Charles Mouly, Catinou e Jacouti a Minjocebos (Tome II), p. 191)

 

QU’ALLONS-NOUS METTRE DANS LA POÊLE ?

 

En voyant passer ces pimbêches qui nous arrivent de la ville, plates comme des harengs saurs, les fesses tels des alphabets, des mollets de pies et des seins comme deux oeufs sur le plat, ,les Minjecébiens se demandent quelle peut être cette mode, et se sentent affligés par ce spectacle plus triste que la Passion de Notre Seigneur Jésus Christ.

Il faut dire qu’à Minjecèbes les femmes sont encore bien rembourrées aux endroits adéquats. Et les hommes les aiment ainsi. Ils seraient bien contristés s’ils devaient rechercher leur femme dans le lit avec un râteau. Et ils auraient trop peur de se faire des bleus en tombant sur un tas d’os pointus comme une poignée de clous. Ils pensent donc qu’il faut avoir perdu la raison pour aimer être maigres comme des croûtons.

Eh bé moi j’ai compris depuis qu’on m’a expliqué comment on fait la cuisine en ville : ce n’est pas une mode, c’est que les gens ne savent plus quoi manger. Parfaitement, pauvre monde !

Figurez-vous que nous avons un couple de Parisiens qui sont venus cet été faire du camping. Des gens bien braves et bien honnêtes, là n’est pas la question.

Donc, un matin qu’ils étaient venus se ravitailler en salade, ils m’ont trouvée en train de faire cuire quatre œufs à la poêle, sur un morceau de ventrèche.

« Que préparez-vous là ? me demande la ravissante dame en fronçant le nez. Des œufs au lard ?

-Comme vous le voyez, ma petite perle... Tous les matins, avec Jacouti, nous avons l’habitude de casser la croûte...

-Et vous mangez souvent des œufs frits au lard ?

-Tous les jours, on peut dire... et ils ne nous donnent pas mal d’estomac ! Nous avons des poules bien vaillantes qui nous pondent des œufs bien bons. Ça nous évite de porter notre argent au boucher ou à l’épicier.

- Mais vous n'y pensez pas ! s'exclame la jolie dame, comme prise de panique. Les œufs donnent du cholestérol, ils fatiguent le foie. Quant au lard frit, vous ne trouveriez pas mieux si vous vouliez vous empoisonner !

- Boudiou ! Pas possible ? Vous croyez pour de vrai que nous risquons de nous empoisonner avec du lard ?... Peut-être vaudrait-il mieux faire cuire les œufs avec de l’huile ?

-Gardez-vous de faire ça ! L’huile cuite devient toxique, il n’y a rien de plus dangereux.

-Boudiou ! Vous m’en racontez une qui est un peu raide, là... Mais comment faire ?

-Tout ça, c’est de la diététique, ma brave dame...

-Vous appelez ça comment ?

-C’est de l’hygiène alimentaire... Pour manger sainement, quoi.

Jésus, Mon Dieu ! Qu’est-ce que les gens ne vont pas inventer ! »

Et sur ce, la jolie dame se lance dans un long discours, dont je ne risque pas de me souvenir de la moitié de ce qu’elle m’a expliqué.

Ce qui est certain, c’est que c’est bien étonnant que nous ne soyons pas tous empoisonnée et qu’il y ait encore autant de gens sur cette terre.

Boudiou, pauvres gens ! Dans quel monde vivons-nous ! Il parait que les veaux sont nourris avec des produits chimiques et que leur viande est farcie d’une saleté qu’on appelle les « hormones ». Les poulets, les lapins, les dindons, c’est la même chose.

Les pommes de terre sont arrosées avec de l’arséniate pour tuer les doryphores, une infection telle que si vous en goûtiez une seule pincée vous attraperiez une grosse colique noire.

Les salades sont sulfatées au D.d.t, et s’il vous prenait l’envie de faire un bouillon avec des poireaux, ça peut devenir un bouillon de onze heures.

Les fruits, n’en parlons pas ! Ils sont couverts de pesticides, qu’en essayant de les sucer, guêpes, mouches et autres insectes en tombent raides en étirant les pattes.

Il faut tout peler et veiller à se laver soigneusement les mains après avoir touché les pelures.

Le pain lui-même, il parait qu’il est fabriqué avec de la farine difficile à digérer.

Le beurre, comme tout ce qui est gras, on vous dit qu’il n’y a rien de plus mauvais pour vous engorger les vaisseaux. Et que sais-je encore !...

Alors, que nous reste-t-il que nous puissions consommer sans danger ?On ne peut pas vivre de courants d’air, tout de même !Sans compter que l’air aussi est empoisonné.

Alors, je vous demande un peu : qu’allons-nous mettre dans la poêle ?

Comme nous dit un jour Julou en se moquant de nous : vous pouvez toujours vivre d’amour et d’eau fraîche !...

Cet âne ! Il a oublié qu’à notre âge, l’amour date des vieilles lunes. Et en ce qui concerne l’eau, c’est une autre affaire : où pourrait-on encore trouver de l’eau pure ?

L’autre jour, Jacouti est arrivé en brandissant le journal. Sur la première page, on pouvait lire : « L’eau tue chaque année 23 000 personnes ».

« Je l’ai toujours dit qu’il n’y avait rien de plus mauvais que l’eau pour la santé s’exclame ce pendard, tout réjoui d’avoir trouvé une raison valable pour sulfater un peu plus encore.

-Alors, ma petite perle, qu’allons-nous devenir, lui demandai-je.

- Ne te tracasse pas, ma perle ! me répond-il. Nous avons à la cave une bonne barrique de piquepoul de notre vigne, que c’est l’eau du ciel et le soleil du Bon Dieu qui l’ont fait... On va avaler un bon coup de vin... Ça nous donnera de l’énergie pour danser devant le buffet ! »

Sur ce, sans trembler, il se saisit d’un saucisson, s’en coupe une bonne tranche, et se la passe par les mâchoires avec une bonne rasade de tisane de vigne.

Et vous me croirez si vous voulez : il n’avait pas du tout la mine de quelqu’un qui va s’empoisonner !


Date de création : 28/01/2014 @ 15:20
Dernière modification : 28/01/2014 @ 15:25
Catégorie : Ecoutez la Catinou
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