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Ecoutez la Catinou - I a toujoun biais de s'adoubar

Chère auditrice, cher auditeur,

Vous pouvez écouter la voix de Catinou et suivre le texte de Charles Mouly en même temps. Vous pouvez aussi accéder à la traduction du texte, juste en dessous.

Enfin, vous pouvez récupérer le fichier sonore MP3 en cliquant ICI (si le téléchargement ne fonctionne pas, faire un clic droit sur le même lien puis "enregistrer la cible du lien sous...").
Bonne écoute !

Enregistrement audio de la Catinou.

I A TOUJOUN BIAIS DE S’ADOUBAR

 

 

Cinquanto ans aprèp se parlo encaro dins tout lou païs d'aquel espet de Janjisclo, que vous voli countar.

Figuratz-vous qu'aquel Janjis­clo abio decidat de menar uno baquo al mercat per la vendre. A l'epoquo que vous parli, i abio encaro gaire d'automobilos ni de camiouns ni de camiounet­tos. Quand dibion anar al mer­cat, lou mounde partion a pattos e calio se levar a punto d'albo per arribar a l'ouro. Quand s'agissio d'i menar uno baquo, un vedèl ou un porc, èro encaro pus ma­laisit.

Tanben, per pas manquar lou mercat, Janjisclo partiguèt abans joun, tirant sa baquo amb uno cordo.

La nèit èro negro coumo lou quioul d'uno padeno. E tout d'un cop aqui que se lèvo un vent del diaple e que se delargo un oùrage tarriple. Lou vent bu­fabo a desquilhar las parets, lous liaussets beluguejabon de pertout dins l'escarapetal dels pets de troun e lou cèl abio alan­dat las esclusos : toumbabo d'aigo et de grèlo a plenos se­mals.

Perdut dins aquel deluge, bran­dit pel vent, avuclat per la plèjo, la coudeno tanado per la grèlo, rajent e gelat coumo uno barro, Janjisclo luchabo coumo un ga­lerian per demourar quilhat.

« Pas poussiple ! se disio lou paure malurous. Es la fin del mounde ! S’aquo duro, jamai pouirai tener lou cop ! »

Alabes la paniquo l’agafo. E se remembrant que la sio mama, quand qualque malastre menaçabo, se destrigabo de courre a la glèiso per faire cremar uno candèlo dabans l’estatuo de Sant Estropi, e mettre uno peceto dins lou trounc, aqui que Janjisclo se virant cap a las nibouls se met a bramar :

« Grand Sant Estropi, venètz a moun secours ! E venètz biste qu’aquo presso ! Se me tiratz d’aqui vous fau proumesso que deman sans fauto anirai mettre dins vostre trounc l’argent qu’aurai fait de la baquo !... »

Sus aqui, en un virat d’uèlh, l’oùrage s’apasimo, lou vent toumbo, la plèjo s’estouris. E lou joun se lèvo, tout cande et tout clar.

Janjisclo ne demourèt un tros de temps estabournit. Pèi, quand ajèt retroubat sous esprits, coun­tunhèt soun camin, pla soulajat. Soulajat, mès tafurat. Perque, aro qu'èro tirat d'affaire, se di­sio qu'aurio pas dibut tant se pressar de proumettre a Sant Estropi tout l'argent de la baquo. Aprèp tout tant pla se serio countentat d'un tros souloment. Mettem la mitat... ou lou quart... ou lou dèts per cent.

Tout en calculant atal, Janjisclo finiguèt per arribar al mercat. De suito un merchand l'acous­tairo e i demando :

«  Es per vendre aquelo baquo ?

- Cresetz pas belèu qu'ai fait dèts kilomestres a pattos per la passejar ?

- Quant ne vouletz ?

- La vous douni per cinc francs.

- Badinatz ?

- Que nani !

- Eh be ! a n'aquel prèts aurem leu fait affar ! ço dis lou merchand pla es­tounat. Aladounc ne vouletz cinc francs, sèm pla d'accordi ? La podi marquar ?

- Me dedisi pas ! voli que me paguetz la cordo. E la cordo ne voli cinq milo francs.

- Eh là ! Coussi i anatz !

- Es atal ! Cinq francs per la ba­quo, cinq milo per la cordo... A prener ou a laissar ! »

Finfinalo, emai siaguesso un pauc debijourlat per aquel drolle de mercandejadis, lou mer­chand croumpèt la baquo e la cordo.

E lou lendeman, sans fauto, Jan­jisclo anèt pourtar lous cinq francs a Sant Estropi : tout l'ar­gent de la baquo coumo abio proumes.

Coumo disio la pauro menino : Amb un pauc d'idèio i a toujoun biais d’adoubar las causas !

(Catinou et Jacouti... et le petit monde de Minjecèbes)

 

 

IL Y A TOUJOURS MOYEN DE S’ARRANGER.

Cinquante ans après, on parle toujours dans le pays de cet exploit de Janjisclo, que je veux vous raconter.

Figurez-vous que ce dénommé Janjisclo avait décidé d’amener une vache au marché pour la vendre. A l’époque dont je vous parle, il n’y avait pas encore beaucoup d’automobiles, ni de camions, ni de camionnettes. Quand ils devaient se rendre au marché, les gens partaient à pied et il fallait se lever à la pointe du jour pour arriver à l’heure. Quand il fallait y mener une vache, un veau ou un cochon, c’était encore plus malaisé.

Donc, pour ne pas manquer le marché, Janjisclo partit avant le lever du jour, tirant sa vache avec une corde.

La nuit était noire comme le cul d’une poêle. Et voilà que tout à coup se lève un vent d’enfer et que se déclare un orage terrible. Le vent soufflait à renverser les murs, les éclairs flashaient de tous côtés dans le vacarme des coups de tonnerre, et le ciel avait ouvert les écluses : il pleuvait  de pleines comportes d’eau et de grêle.

Perdu dans ce déluge, secoué par le vent, aveuglé par la pluie, la peau tannée par la grêle, ruisselant et gelé comme une barre, Janjisclo luttait comme un galérien pour rester debout.

« Pas possible ! se disait le pauvre malheureux. C’est la fin du monde ! Si ça dure, jamais je ne pourrai résister ! »

A ce moment-là, il fut pris de panique. Et, se souvenant que, lorsqu’une catastrophe menaçait,  sa mère se précipitait à l’église pour faire brûler un cierge devant la statue de Saint-Eutrope et mettre une petite pièce dans le tronc, voilà que Janjisclo, levant la tête vers les nuages, se mit à hurler :

« Grand Saint-Eutrope, venez à mon secours ! Et faites vite, ça presse ! Si vous me sortez de là, je vous promets que demain, sans faute, j’irai mettre dans votre tronc l’argent de la vache !... »

Et voilà que, en un clin d’œil, l’orage se calma, le vent tomba, la pluie cessa. Et le jour se leva, pur et clair.

Jenjisclo en demeura un certain temps éberlué. Puis, quand il eut retrouvé ses esprits, il reprit son chemin, bien soulagé. Soulagé mais préoccupé. Parce que, maintenant qu’il était tiré d’affaire, il se disait qu’il n’aurait pas dû se presser autant pour promettre à Saint-Eutrope tout l’argent de la vache. Après tout, peut-être se serait-il contenté d’une partie seulement. La moitié, admettons... ou le quart... ou les dix pour cent.

Tout en calculant, Janjisclo arriva au marché. Immédiatement un marchand l’accosta et lui demanda :

« Cette vache est à vendre ?

- Vous ne croyez tout de même pas que j’ai fait dix kilomètres à pied pour la promener ?

- Vous en voulez combien ?

- Je vous la donne pour cinq francs.

- Vous plaisantez ?

- Que non !

- Eh bé ! A ce prix là nous aurons vite fait affaire ! répliqua le marchand tout étonné. Donc vous en demandez cinq francs, nous sommes bien d’accord ? Je peux la marquer ?*

- Je ne me dédis pas ! Je veux que vous me payiez la corde. Et pour la corde, je veux cinq mille francs.

- Eh là ! Comme vous y allez !

- C’est ainsi ! Cinq francs pour la vache, cinq mille pour la corde... A prendre ou à laisser ! »

Finalement, même s’il était un peu déstabilisé par ce drôle de marché, le marchand acheta la vache et la corde.

Et le lendemain, sans faute, Janjisclo alla porter les cinq francs à Saint-Eutrope : tout l’argent de la vache, comme il le lui avait promis.

Comme le disait ma pauvre grand-mère : avec un peu d’idée, il y a toujours moyen d’arranger les choses !

 

* Autrefois, au marché aux bestiaux, lorsque vendeur et marchand étaient d’accord sur le prix, l’acheteur « marquait » le bovin acquis : avec des ciseaux, il coupait quelques crins à l’animal au niveau de l’arrière-train, ceci afin que le vendeur ne soit pas ensuite tenté de vendre la bête à  meilleur prix à des concurrents.


Date de création : 13/10/2013 @ 17:49
Dernière modification : 13/10/2013 @ 17:50
Catégorie : Ecoutez la Catinou
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